Site du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003.
L’île Kunta Kinteh, autrefois connue sous le nom de James Island, est un site profondément symbolique au cœur de la traite transatlantique des esclaves. Établie comme poste portugais au XVe siècle, l’île passa successivement sous le contrôle du duché de Courlande, de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, de la Royal African Company britannique et des Français. Ses fortifications servaient à la fois à contrôler la navigation sur le fleuve Gambie et à faciliter la capture et l’exportation d’Africains réduits en esclavage.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le fort de l’île devint un important lieu de détention où les captifs étaient enfermés avant leur embarquement forcé vers les Amériques. En 2011, l’île fut rebaptisée Kunta Kinteh en hommage à la mémoire de la résistance et au personnage du roman Roots d’Alex Haley, dont l’histoire trouve ses origines dans le village voisin de Juffureh.
L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial inclut six sites associés : le Fort Bullen et la Batterie à Six Canons, construits pour appliquer l’abolition ; ainsi que des bâtiments coloniaux à Albreda et Juffureh, tels que des entrepôts, une chapelle et des bureaux de commerce. Ensemble, ces lieux témoignent à la fois des rouages de l’esclavage et des efforts déployés pour y mettre fin.
Construites en latérite et en briques, les murailles restantes du fort sont gravement érodées par le fleuve et les intempéries. Des baobabs poussent aujourd’hui parmi les ruines, symboles de résilience. Depuis les années 1990, des initiatives de conservation menées par le Centre national des arts et de la culture de Gambie ont permis de stabiliser des éléments clés, avec un accent sur le renforcement du rivage et la documentation historique.
Aujourd’hui, l’île Kunta Kinteh est un lieu de mémoire puissant. À proximité, un musée à Juffureh et des visites communautaires offrent une interprétation historique. Les festivals annuels Roots renforcent les liens entre la diaspora africaine et le patrimoine local, perpétuant l’héritage de l’île en tant qu’espace de mémoire, de résistance et de réflexion.
Source: UNESCO World Heritage Centre, African World Heritage Sites, Atlas Obscura, National Centre for Arts and Culture, Britannica.





