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Maison Fobe / Guilhem Eustache

Tassoultante, Marrakesh
Date: 2007
Area: 240.36 sqm
Architect: Guilhem Eustache
Client: Dimitri de Clercq

Maison Fobe – Description de Guilhem Eustache.

Un client m’a présenté à un réalisateur et producteur de films belge qui m’a chargé de dessiner les plans de plusieurs maisons sur une propriété qu’il avait achetée à Marrakech, au Maroc. Depuis de nombreuses années, je me rendais régulièrement au Maroc. Dès mon premier voyage, j’ai été envoûté par le pays et les trois projets étudiés à ce jour sont certainement inspirés, à des degrés divers, par toutes les images et impressions recueillies lors de mes séjours là-bas.

Le terrain est situé à une dizaine de kilomètres au sud de Marrakech. Il est plat, le plus souvent couché sous un voile de chaleur qui masque l’horizon.  Ce n’est qu’entre les mois de décembre et mars qu’apparaissent les montagnes enneigées de l’Atlas. Pour ce premier projet, j’ai voulu établir un dialogue étroit avec la terre, la végétation et les montagnes de l’Atlas à l’horizon.

© Jean-Marie Monthiers

Comme nous avions prévu de construire une petite maison de 170 mètres carrés sur un terrain de 2,5 hectares, nous devions créer un équilibre dynamique, malgré cette différence d’échelle. Nous avons joué avec l’ombre et la lumière pour mettre en valeur et renforcer les volumes. Il existe un lien étroit entre l’architecture et le cinéma. L’architecture est avant tout perçue par le mouvement. L’œil se déplace, lorsque la perspective s’ouvre, révélant progressivement les différents éléments qui constituent la maison.  Au loin, on voit un carré blanc. En se rapprochant, il devient un cube, un mur blanc, un tube. Puis nous découvrons des ouvertures… Mais un autre rectangle blanc s’avère être un mur plat et un petit triangle, une pyramide.

Nous avons utilisé des matériaux et des techniques locales comme l’argile, le tadelack, les “pierres de l’Ourika”, etc.  Nous avons préservé le caractère sauvage du terrain même si nous avons planté plus de 500 arbres.  Nous avons doublé les murs pour faire face au climat, en créant des espaces de vie avec des hauteurs importantes et des protections solaires.  Chaque région et chaque pays mérite des réponses architecturales adaptées aux conditions climatiques, culturelles et économiques spécifiques.

© Jean-Marie Monthiers

Il y a, en moyenne, entre 10 et 20 jours de pluie par an dans la région. Il peut y avoir deux grandes tempêtes de pluie chaque automne, ce qui pourrait inonder les terres. Pour cette raison, nous avons suivi les conseils des Marocains et surélevé tous les bâtiments de près de 50 cm. L’eau de la maison provient des glaciers des montagnes de l’Atlas. Un puits a été creusé sur le terrain, à une profondeur d’environ 30 à 40 mètres.

Pour lutter contre la chaleur, nous avons créé des pièces avec des plafonds très hauts et des doubles murs. Le fait de laisser une poche d’air entre les deux murs a permis de créer des courants d’air, en augmentant les ouvertures vers l’extérieur.  Nous avons créé un espace de vie hivernal et un salon d’été. Nous avons placé des brises soleil en béton devant la plupart des ouvertures, qui fonctionnent mieux lorsque le soleil est au plus haut dans le ciel, pendant les heures les plus chaudes de la journée et la saison la plus chaude de l’année… L’utilisation de couleurs claires, le placement d’un petit bassin d’eau près de l’entrée et la construction d’une grande piscine apportent également un souffle de fraîcheur à la maison.

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