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Nouveau Parlement Algérien / Bureau Architecture Méditerranée

Date: 2019
Area: 220000 m2
Architect: Bureau Architecture Méditerranée
Client: People's Democratic Republic of Algeria

Project Team: Sergii Mitaki, Ievgen Grytsenko, Laura Marchepoil, Guillermo Pando de Prado, Jean Christophe Jodry, David Fromain, Olivier Vanel, Jonathan Tourtois, Antony Longerey, Louise Catin, Thérésa Topouka.
Project Manager: Frédéric Roustan / Yassine Alliche

Nouveau Parlement Algérien– Description de Bureau Architecture Méditerannée (Thierry Chambon, Maxime  Repaux, Frédéric Roustan)

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Parlement – Sénat – Congrès / République Algérienne démocratique et populaire

Le projet comprend l’Assemblée nationale populaire, le Conseil national (Sénat), la Chambre (Congrès) et une résidence pour les législateurs.

Le nouveau parlement algérien est un projet qui doit répondre aux normes les plus élevées. Le bâtiment doit incarner l’idée de la démocratie en action, l’Algérie du futur, la liberté, la paix, un pouvoir fort mais délibératif. L’architecture doit communiquer une identité nationale distincte fondée sur des valeurs universelles.

Comment un complexe de 220 000 m2 peut-il transmettre l’ouverture, le dialogue, le débat – un esprit essentiellement dialectique – sans recourir à une architecture dont l’échelle monumentale crée un effet totalisant ? Il faut se tourner vers les racines architecturales de la démocratie, qui trouvent leur origine dans le bassin méditerranéen et s’étendent sur plusieurs millénaires. Ces fondements commencent par un grand espace public, la place, lieu de rassemblement symbolique du peuple libre qui donne à la république sa légitimité et son autorité.

Le nouveau cœur de la démocratie parlementaire algérienne sera donc situé sur une place majestueuse, avec les plus grandes dimensions possibles pour le site. Les bâtiments seront significatifs non seulement par leur taille, mais avant tout par l’espace public ouvert qu’ils définissent et désignent. Orientée sur un axe est-ouest, avec la ville historique en toile de fond, la place réunit l’Est et l’Ouest, la modernité de la nouvelle ville et la tradition de l’ancienne.

© Bureau Architecture Méditerranée

Un élément clé de l’organisation du nouveau centre politique est la manière dont il incarne des idées importantes : le développement d’une démocratie qui combine avec succès tradition et modernité, capable de servir les intérêts de la nation tout en restant ouverte sur le monde. Ces notions sous-tendent l’architecture de l’ensemble du nouveau centre politique et la disposition des sièges des deux chambres législatives, le Sénat et le Congrès.

L’implantation de l’Assemblée parlementaire et du Conseil national de part et d’autre de la place crée une porte monumentale servant d’entrée à l’immense place. Cette disposition, avec les chambres haute et basse se faisant face selon un axe nord-sud, complète l’organisation de la place autour des points cardinaux, ainsi que sa symbolique de lieu de rassemblement.

Une salle de conférence commune aux deux chambres, qui sera également utilisée pour des réunions internationales, forme la limite orientale de la place. Située le long de l’axe principal de la place, la salle est au centre de l’aménagement du nouveau complexe politique. La salle de conférence a été placée à un emplacement privilégié, non seulement parce que les sessions conjointes des deux pouvoirs législatifs sont des moments cruciaux de la vie démocratique, mais aussi parce que l’installation accueillera des délégations internationales et que les coutumes algériennes en matière d’hospitalité exigent que l’on accorde une place d’honneur aux invités.

Organisés comme ils le sont, les éléments majeurs du centre se rejoignent pour créer un espace imprégné de la symbolique de valeurs démocratiques fortes : liberté, rassemblement, sens de l’histoire, tolérance et hospitalité. Les bâtiments, si proches les uns des autres, sont des variations sur des thèmes communs. Les bâtiments du Sénat et du Congrès ont tous deux une salle de réunion au centre, entourée de toutes les pièces nécessaires à un fonctionnement ordonné, telles que les bureaux, les salles de réunion, les halls, etc. Cette disposition permet aux salles extérieures d’avoir une vue sur les jardins luxuriants et sur la ligne d’horizon et le port d’Alger, tandis que les salles d’assemblée ajoutent leurs dômes à la ligne d’horizon.

© Bureau Architecture Méditerranée

Les coupoles, les moucharabiehs complexes, la simplicité des grands volumes face à la vaste place et les jardins luxuriants s’inscrivent dans la longue tradition de l’architecture arabe, tandis que les méthodes de construction, les façades vitrées et les systèmes de contrôle du climat et de l’éclairage sont tous basés sur les technologies les plus modernes. Considérée dans son ensemble, l’architecture se situe ainsi clairement dans le contexte historique, culturel et géographique, tout en mettant la technologie au service du sentiment d’adéquation et d’identité.

Tous ces éléments se rejoignent dans un hommage au triomphe de la démocratie : les bâtiments témoignent de la nature précieuse de ce système politique. La transition entre l’extérieur et l’intérieur est marquée par une série de matériaux de plus en plus raffinés et rares. Les façades vitrées des bâtiments sont protégées par des moucharabiehs en céramique et en béton qui diffusent la lumière du soleil et obscurcissent les vues. Les façades des cours intérieures et des bâtiments d’assemblée sont protégées par des feuilles d’or incrustées dans des plaques de verre, et par des feuilles d’albâtre.

Ce sentiment de préciosité s’exprime également à travers l’utilisation de l’eau : des bassins colorés bordés de mosaïques, des ruisseaux au doux murmure et des fontaines animées qui produisent une brume rafraîchissante, ainsi qu’à travers le parfum des orangers et des citronniers, la végétation luxuriante et l’ombre fournie par les figuiers. En entourant le complexe de jardins – au-delà de l’ombre des bâtiments de l’assemblée qui dominent la place – le site devient un parc faisant écho aux célèbres parcs d’El Anasser ou de Diar el Mahcoul.

La construction du nouveau parlement algérien et de son enceinte révèle ainsi toutes ses facettes : il est à la fois un outil de la démocratie et un hommage à celle-ci, une expression éclairante de l’ordre démocratique, un espace précieux et pourtant familier, où tous les citoyens reconnaîtront le meilleur de leur culture et de ses valeurs.

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