Pavillon de la Prière et de la Méditation – Description de Studio TAMassociati.
Le pavillon de prière et de méditation fait partie intégrante du centre de chirurgie cardiaque récemment réalisé au Soudan par l’organisation humanitaire italienne Emergency NGO. Le complexe, planifié et conçu par l’atelier d’architecture Tamassociati, est le seul de son genre à fournir des soins de santé gratuits aux patients dans une zone étendue dans un rayon de dix millions de kilomètres carrés et comptant trois cents millions d’habitants.
La République populaire du Soudan est un pays qui, au cours des vingt dernières années, a été marqué par de nombreuses guerres interethniques et interreligieuses.
Le groupe ethnique arabe constitue 39% de la population et 61% des Africains ; et en termes de religion, 70% des habitants du Soudan sont musulmans, tandis que les 30% restants sont chrétiens ou appartiennent à d’autres confessions religieuses (“Human Rights Watch” : Q&A : Crisis in Darfur 05/05/2004).

Nous devions penser à un lieu qui puisse accueillir la prière, comme il est d’usage dans tout lieu de soins de santé. Nous avons donc dû faire face au difficile dilemme de penser à un espace qui puisse accueillir la complexité spirituelle de ce pays.
Notre choix n’a pas été de privilégier une religion spécifique, mais de créer un espace qui puisse accueillir la prière et la méditation de toutes les confessions.
L’extérieur accueille un grand bassin d’eau, image fortement symbolique dans cette zone sub-saharienne. La piscine crée une séparation spirituelle entre le macrocosme extérieur de l’hôpital/monde et le microcosme ventral du bâtiment formé par deux cubes blancs non alignés, qui sont reliés par une couverture semi-transparente de tiges de feuilles de palmier.
Les parties intérieures des deux cubes contiennent deux arbres qui, par leur présence, sacralisent ces espaces profanes, en tant qu’éléments naturels à l’intérieur d’espaces artificiels.

Nous avons évidemment dû prendre sérieusement en compte la religion musulmane, qui est la religion de la majorité des Soudanais, ainsi que les règles de cette religion (ablutions, séparation des hommes et des femmes), mais nous avons diminué l’impact contextuel de ces règles afin de ne pas les faire apparaître comme dominantes. Ceci a été rendu possible en occultant tous les symboles et éléments qui sont spécifiques à une seule religion. Par exemple, la zone d’ablution n’est rien d’autre qu’un jet d’eau surélevé qui, avant l’entrée, permet de se laver sans connoter un symbole religieux fort, et elle est simplement perçue comme un élément du bassin d’eau.













